Ouvrir une pharmacie à Madagascar : conditions, dossier et étapes

Illustration : ouvrir une officine à Madagascar — devanture et dossier d'autorisation

Madagascar compte environ 350 officines pour une population d’environ 30 millions d’habitants — l’une des densités les plus faibles de la région. Le pays s’équipe : les autorités instruisent de nouvelles ouvertures dans un cadre précis, et la première faculté de pharmacie du pays, à l’Université d’Antananarivo, forme des pharmaciens malgaches depuis 2011. Si vous préparez votre installation, voici le parcours — et ce qu’il faut anticiper pour que l’ouverture soit une réussite, pas seulement une autorisation.

Qui peut ouvrir une officine ?

Seul un pharmacien peut ouvrir et diriger une officine à Madagascar. Concrètement, cela suppose un diplôme de pharmacien reconnu et l’inscription au tableau de l’Ordre national des pharmaciens de Madagascar (ONP). Le profil du demandeur fait partie des éléments examinés lors de l’instruction du dossier : diplôme, parcours, situation vis-à-vis de l’Ordre.

Longtemps, les pharmaciens malgaches se sont formés à l’étranger. Depuis la création de la filière pharmacie à l’Université d’Antananarivo — soutenue par les fondations Pierre Fabre et Mérieux —, une génération de pharmaciens formés au pays arrive sur le marché : c’est elle qui porte la vague d’ouvertures actuelle.

Où peut-on s’installer ? Les règles d’implantation

On ne s’installe pas où l’on veut : le nombre d’officines autorisées est encadré par localité, sur une base démographique de l’ordre d’une officine pour 20 000 habitants, et une distance minimale est exigée entre deux établissements. Le local lui-même doit répondre à des normes définies, notamment de superficie. Avant de signer un bail, vérifiez donc deux choses : la localité visée dispose-t-elle encore de « places » au regard de la carte pharmaceutique, et le local est-il conforme ?

Les textes de référence — dont l’arrêté n° 29683/2014 sur les conditions d’ouverture et de transfert des établissements pharmaceutiques et les arrêtés fixant le nombre d’officines par localité — sont publiés par l’Agence du médicament de Madagascar (AMM) et la Direction de la pharmacie, des laboratoires et de la médecine traditionnelle (DPLMT).

Le dossier et son instruction

La demande passe par un dossier complet déposé auprès du ministère de la Santé publique. L’instruction associe plusieurs services et se fait en collaboration étroite avec l’Ordre national des pharmaciens. Les étapes typiques :

  1. constitution du dossier (diplôme, inscription à l’Ordre, plan et justificatifs du local, localisation) ;
  2. examen du dossier par les services du ministère, en lien avec l’Ordre ;
  3. visite des lieux pour vérifier la conformité du local ;
  4. arrêté ministériel autorisant l’ouverture.

Comptez le temps de l’instruction dans votre plan de financement : le loyer et l’agencement courent souvent avant la première vente. Un conseil qui revient chez tous les titulaires : ne commandez pas le stock initial avant d’avoir une visibilité ferme sur la date d’ouverture.

Un environnement particulier : les dépôts de médicaments

Madagascar compte environ 1 500 dépôts de médicaments — des points de vente de produits essentiels tenus par des non-pharmaciens, autorisés à titre palliatif dans les localités sans officine. La loi a organisé leur cohabitation avec les officines, avec une règle clé : l’ouverture régulière d’une officine bloque toute nouvelle autorisation de dépôt dans un rayon de 10 kilomètres. Avant de choisir votre emplacement, étudiez la carte des dépôts existants : nous y avons consacré un article complet.

La checklist de l’ouverture opérationnelle

L’arrêté en poche, tout reste à faire : votre première semaine d’exploitation se prépare pendant l’instruction du dossier.

  • Le local : agencement conforme à la visite, zones de stockage adaptées (chaleur et humidité comprises) ;
  • Le stock initial : référencement auprès des grossistes-répartiteurs qui livrent votre zone, et entrée en stock rigoureuse dès le premier carton ;
  • L’encaissement : vos clients paieront en espèces mais aussi en Mobile Money (MVola, Orange Money, Airtel Money) — prévoyez le circuit dès le jour 1 ;
  • La comptabilité : en ariary, tenue proprement dès la première vente — votre expert-comptable et l’administration fiscale vous le rendront ;
  • L’équipe : vos vendeurs formés avant l’ouverture, pas pendant ;
  • Le logiciel de gestion : c’est lui qui tient le stock, la caisse et la comptabilité ensemble. Avec Phénix à Madagascar, l’entrée en stock initiale se fait via le module d’import et l’officine est opérationnelle en une demi-journée.

En résumé

Le parcours est exigeant mais balisé : un pharmacien inscrit à l’Ordre, une localité où la carte pharmaceutique le permet, un local conforme, un dossier instruit par le ministère et l’Ordre, une visite, un arrêté. Le reste — stock, caisse, Mobile Money, comptabilité — se joue sur la préparation. Si vous ouvrez prochainement, réservez 30 minutes de démonstration : nous vous montrerons comment des officines démarrent avec un outil prêt le jour J.

Les règles citées sont celles en vigueur à la date de publication (juillet 2026). Elles évoluent : vérifiez systématiquement auprès de l’Ordre national des pharmaciens de Madagascar, de la DPLMT et de l’AMM avant toute démarche.

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