En Côte d’Ivoire, la propriété de l’officine n’est pas une simple question de business : c’est une architecture légale précise, fixée par la loi n° 2015-533. Pour qui s’installe — ou envisage de s’associer —, ces règles décident de ce qui est possible et de ce qui est nul de plein droit. Les voici.
Le titulaire est propriétaire — et d’une seule officine
L’article 18 pose la règle fondatrice : le pharmacien titulaire d’une autorisation d’exploitation doit être propriétaire de son officine, et il ne peut être propriétaire ou copropriétaire que d’une seule officine, sur le territoire national comme à l’étranger. Pas de chaînes d’officines détenues par un même titulaire, pas de titulaire « investisseur » multi-sites : le modèle ivoirien lie une officine à un pharmacien qui l’exploite personnellement.
Des conventions écrites — et la propriété réservée aux diplômés
L’article 26 verrouille le montage : aucune convention relative à la propriété d’une officine n’est valable si elle n’est pas constatée par écrit, avec copie déposée au conseil régional de l’Ordre et au ministère de la Santé. Et surtout : est nulle et de nul effet toute stipulation destinée à établir que la propriété ou la copropriété d’une officine appartient à une personne non diplômée. Les montages de prête-nom — un financier propriétaire de fait derrière un pharmacien de façade — sont donc frappés de nullité.
S’associer reste possible : l’exploitation en commun
La loi n’interdit pas de s’associer — entre pharmaciens. L’article 56 permet aux pharmaciens de se constituer en association ou en société pour exploiter un établissement pharmaceutique, avec la même limite structurante : l’association ou la société ne peut être propriétaire que d’un seul établissement. C’est la voie pour partager l’investissement d’une officine ambitieuse, à condition que chaque associé soit dans les clous de l’exercice.
La licence n’est pas un actif cessible
Autre point qui surprend les repreneurs : la licence de création, délivrée par le ministre après avis conforme de l’Ordre, fixe l’emplacement de l’officine et ne peut pas être cédée (article 24). Ce qui se transmet, c’est le fonds — pas l’autorisation : tout changement dans la propriété, la direction ou la gérance se déclare à l’Ordre (article 16), et le repreneur suit son propre parcours d’autorisation. Sur la continuité de l’officine (remplacement, décès, transfert), voyez notre article dédié.
Ce que ça change pour votre projet
- Votre plan de financement doit viser la pleine propriété — l’appui d’un investisseur non pharmacien ne peut pas passer par la copropriété ;
- L’association entre pharmaciens est le montage collectif autorisé, pour une seule officine ;
- Une seule officine par personne : votre croissance passera par la qualité d’exploitation, pas par la multiplication des sites ;
- Et puisque tout repose sur une officine unique, son pilotage doit être irréprochable : stock juste, caisse clôturée, chiffres quotidiens — c’est le métier de Phénix en Côte d’Ivoire.
En résumé
Propriétaire, diplômé, une seule officine, des conventions écrites et déposées : la loi ivoirienne protège l’indépendance du pharmacien en fermant la porte aux montages capitalistiques. Votre officine unique mérite les meilleurs outils — voyez Phénix en 30 minutes, sur vos cas à vous.
Sources : loi n° 2015-533 du 20 juillet 2015 relative à l’exercice de la pharmacie (articles 16, 18, 24, 26, 56). Règles en vigueur à la date de publication (juillet 2026) — vérifiez auprès de l’Ordre national des pharmaciens de Côte d’Ivoire et de l’AIRP avant tout montage juridique.