Deux chiffres du bureau béninois de l’Organisation mondiale de la Santé racontent une transformation : le Bénin comptait 243 officines privées en 2016, il en compte 388 fin octobre 2024, une progression de près de 60 % en huit ans, avec un objectif de 428 officines en 2026. Et derrière les comptoirs, un visage : près de 60 % des titulaires d’officines béninoises sont des femmes.
Une profession qui se féminise en tête de la sous-région
Cette proportion de femmes titulaires est remarquable, et elle n’est pas anecdotique. Elle dit quelque chose de la profession : l’officine béninoise est un métier d’entrepreneuriat accessible, où le diplôme et le dossier priment, et où une génération de pharmaciennes a construit des affaires solides, formé des équipes et pris des responsabilités à l’Ordre comme dans les associations professionnelles. Chez AS PHARM, nous le constatons chaque semaine sur le terrain : ce sont souvent elles qui poussent le plus loin l’exigence de gestion.
Une formation nationale, à Cotonou
La Faculté des Sciences de la Santé (FSS) de l’Université d’Abomey-Calavi forme des pharmaciens depuis 1999, un doctorat d’État qui alimente chaque année la profession en nouveaux diplômés, formés au Bénin, sur les réalités du Bénin. C’est cette génération qui remplit aujourd’hui les dossiers de la carte pharmaceutique et ouvre les officines des zones qui en manquent.
Un cadre d’installation modernisé
Cette croissance se fait dans un cadre entièrement refondu : la loi n° 2021-03 a réorganisé les activités pharmaceutiques, l’Agence béninoise du médicament (ABMed) pilote les licences, et le dossier de création se dépose désormais en ligne sur service-public.bj, avec des critères d’attribution transparents, conformité à la carte pharmaceutique, ancienneté d’exercice, antériorité de la demande. Le parcours complet est balisé : nous l’avons détaillé dans notre guide de l’ouverture d’une pharmacie au Bénin.
Des outils à la hauteur de cette génération
Ces nouveaux titulaires n’imaginent pas leur officine sans le cloud, le Mobile Money au comptoir, MTN MoMo, Moov Money, Celtiis Cash, le tiers payant contrôlé au moment de la vente et leurs chiffres accessibles depuis un téléphone. C’est pour eux que nous travaillons depuis 2016, ici, à Cotonou.
Notre part : la formation, dès la faculté
Parce que nous croyons que la formation des pharmaciens et leurs outils de travail vont ensemble, Phénix est intégré au cursus pratique des étudiants en pharmacie de la FSS, une première en Afrique francophone : les pharmaciens béninois de demain apprennent la gestion d’officine sur l’outil qu’ils retrouveront au comptoir. À cette génération qui ouvre les officines que le pays attend, et à celles qui la dirigent, nous n’avons qu’une chose à dire : bienvenue. Et si on vous montrait l’outil en 30 minutes ?
Chiffres : OMS, bureau du Bénin (« La pharmacie privée béninoise en quête d’excellence ») ; formation : Faculté des Sciences de la Santé, Université d’Abomey-Calavi (fss-cotonou.com).