Peu de pays de la sous-région ont refondu leur droit pharmaceutique aussi profondément que le Sénégal ces dernières années : une loi entièrement nouvelle sur les médicaments et produits de santé (loi n° 2023-06 du 13 juin 2023), un décret qui réécrit les conditions d’ouverture et d’exploitation des établissements pharmaceutiques (décret n° 2023-2421 du 27 décembre 2023), et une Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP) qui pilote désormais le secteur, jusqu’à l’attribution annuelle et publique des sites d’officine. Pour la génération de pharmaciens qui s’installe, le jeu a changé.
Des règles chiffrées, publiées, prévisibles
Le nouveau cadre remplace l’incertitude par des règles chiffrées : 5 000 habitants par officine dans une commune, un rayon de 800 mètres qui protège les officines de moins de trois ans, des listes d’attributaires publiées chaque année par l’ARP, plus de 60 pharmaciens retenus pour la seule édition 2024 (le détail des règles d’implantation). Un candidat sérieux peut aujourd’hui cartographier ses chances avant de déposer : c’est une transparence que beaucoup de confrères de la sous-région envient.
Une exigence professionnelle assumée
Le même décret assume un haut niveau d’exigence : présence pharmaceutique permanente, exercice personnel, assurance multirisque obligatoire, quinze heures d’ouverture quotidienne et service de garde, six mois pour ouvrir après l’arrêté sous peine d’annulation, le parcours complet est ici. Ce cadre dessine un métier d’entrepreneur de santé, structuré et responsable, loin de l’improvisation.
Dakar, berceau de la pharmacie ouest-africaine
Cette génération hérite aussi d’une histoire : la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie de l’Université Cheikh Anta Diop, fondée en 1957 et héritière de l’École de médecine de Dakar, forme des pharmaciens depuis plus longtemps que toute autre institution de la région, elle a longtemps formé les professionnels de santé de toute l’Afrique de l’Ouest francophone. Étudier la pharmacie à Dakar, c’est rejoindre une lignée.
Des outils au niveau du cadre
Un cadre exigeant appelle des outils exigeants. Les titulaires qui s’installent aujourd’hui encaissent en Wave, Orange Money et Mixx by Yas, contrôlent le tiers payant au moment de la vente, et pilotent leurs chiffres depuis un téléphone. Phénix équipe des officines sénégalaises depuis 2020, porté par dix ans de terrain dans la sous-région, voyez la page Phénix au Sénégal. Et parce que nous croyons que tout commence par la formation, Phénix est intégré au cursus des étudiants en pharmacie de la FSS au Bénin voisin, une première en Afrique francophone. À la génération qui écrit le nouveau chapitre de la pharmacie sénégalaise : et si on vous montrait l’outil en 30 minutes ?
Sources : loi n° 2023-06 du 13 juin 2023 ; décret n° 2023-2421 du 27 décembre 2023 ; ARP (arp.sn, listes d’attribution 2024) ; Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie, UCAD (ucad.sn).