Le Cameroun compte aujourd’hui près de 2 900 pharmaciens inscrits au tableau de l’Ordre national des pharmaciens (ONPC), pour environ 660 officines recensées lors de l’assemblée générale de l’Ordre de février 2023. Le cadre qui régit leur ouverture n’a guère changé depuis plus de trente ans : la loi n° 90-035 du 10 août 1990 régissant l’exercice et l’organisation de la profession de pharmacien, précisée par son décret d’application n° 92-261/PM du 17 juillet 1992. Voici le parcours, étape par étape.
Qui peut exercer ?
Le dossier d’inscription au tableau de l’Ordre (article 3 du décret) comprend une copie certifiée du diplôme de docteur en pharmacie, un extrait de casier judiciaire de moins de trois mois et un certificat de nationalité de moins de trois mois. Le pharmacien de nationalité étrangère ne peut être autorisé à exercer en clientèle privée que si son pays a conclu une convention de réciprocité avec le Cameroun (article 20).
S’inscrire à l’Ordre, avant tout le reste
L’inscription au tableau de l’Ordre national des pharmaciens est autorisée par décision du Conseil de l’Ordre (article 2 du décret), sur un dossier déposé en double exemplaire à son siège. Une fois inscrit, vous êtes pharmacien : il reste à obtenir l’autorisation d’exercer en clientèle privée pour ouvrir une officine.
L’autorisation d’exercice, personnelle et incessible
Le dossier d’autorisation (article 20) ajoute aux pièces d’inscription une attestation de pratique professionnelle effective d’au moins un an et une attestation de règlement des cotisations dues à l’Ordre. L’autorisation obtenue est personnelle et incessible : elle indique la localité où le postulant est appelé à exercer, et elle n’est accordée que pour une seule officine, dans la localité désignée par le Conseil de l’Ordre (article 21). Elle doit, à peine de nullité absolue, respecter la répartition spatiale des officines fixée par la carte sanitaire, arrêtée par le ministre chargé de la Santé publique.
Un délai de douze mois pour ouvrir
Une fois l’autorisation notifiée, le pharmacien dispose de douze mois pour ouvrir son officine au public (article 22) ; passé ce délai, sauf prorogation accordée par le Conseil de l’Ordre, l’autorisation devient caduque. Quand l’aménagement des locaux est achevé, il en informe le Conseil de l’Ordre, qui dispose avec l’administration de la Santé de trente jours pour visiter les lieux avant l’ouverture (article 23) ; passé ce délai sans visite, l’officine peut ouvrir.
Une seule officine par pharmacien
L’article 26 du décret est sans ambiguïté : le pharmacien autorisé à exercer en clientèle privée doit exercer personnellement et effectivement ses fonctions, et ne peut ni exercer dans, ni être propriétaire de plus d’une officine ou d’un établissement pharmaceutique à la fois.
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Sources : loi n° 90-035 du 10 août 1990 régissant l’exercice et l’organisation de la profession de pharmacien ; décret n° 92-261/PM du 17 juillet 1992 fixant les modalités d’application de certaines dispositions de cette loi (dpml.cm) ; Ordre national des pharmaciens du Cameroun, tableau en ligne (web.onpc.cm, environ 2 900 inscrits) ; assemblée générale de l’ONPC, Kribi, 3-5 février 2023 (environ 660 officines, presse spécialisée). Règles en vigueur à la date de publication (septembre 2026), vérifiez auprès de l’ONPC (ordrepharmacien.cm) et du ministère de la Santé publique avant toute démarche.