Dans une officine, le stock est presque toujours le premier poste de trésorerie, avant les salaires et avant le loyer. C’est de l’argent déjà sorti, qui attend sur des étagères d’être transformé en recette. Pourtant on parle du stock en boîtes et en ruptures, presque jamais en francs immobilisés. Ce changement d’unité suffit à faire apparaître des décisions qu’on ne voyait pas.
Le stock n’est pas une charge, c’est de la trésorerie en attente
Une charge se consomme et disparaît. Un stock, lui, reste inscrit à l’actif : il a été payé et il vaut encore quelque chose, à condition d’être vendu avant sa date de péremption. C’est cette condition qui fait toute la différence entre une réserve et une immobilisation. Un produit à rotation rapide est de la trésorerie qui circule ; un produit qui n’a pas bougé depuis un an est de la trésorerie prisonnière, avec une échéance au bout.
Combien de mois de stock avez-vous ?
Le calcul le plus utile est aussi le plus simple : divisez la valeur de votre stock par vos achats mensuels moyens. Le résultat s’exprime en mois de stock, et il se lit immédiatement. Deux mois de stock signifient que votre officine détient de quoi tenir deux mois sans commander. Le bon niveau dépend des délais de vos fournisseurs, de la saisonnalité et de la place disponible, donc il n’existe pas de norme universelle. Ce qui compte, c’est de connaître son chiffre, de le suivre dans le temps, et de savoir pourquoi il monte quand il monte. Nous replaçons ce ratio parmi les autres dans notre article sur les ratios à suivre.
Les références qui n’ont pas bougé depuis six mois
Sortez la liste des références sans un seul mouvement de sortie depuis six mois. Sa longueur surprend presque toujours, et sa valeur cumulée encore plus. Ce sont des produits commandés une fois pour un patient qui n’est jamais revenu, des restes d’une promotion acceptée un peu vite, des présentations abandonnées au profit d’une autre. Individuellement, chaque ligne est négligeable. Additionnées, elles représentent le poste sur lequel l’officine peut agir le plus vite, et c’est aussi précisément là que naissent les périmés.
Déstocker ne veut pas dire brader
C’est la particularité de l’officine, et elle change tout : le prix public d’un médicament ne se négocie pas au comptoir. Le levier classique du commerce, la remise pour écouler, n’existe pas ici. Les leviers réels sont ailleurs, et ils sont moins connus.
- Le retour ou l’échange auprès du fournisseur, quand les conditions le prévoient et avant que la date ne l’interdise ;
- L’arrêt pur et simple du réapprovisionnement, décision la plus rentable et la plus oubliée ;
- La mise en avant du produit tant qu’il est écoulable, plutôt qu’après l’alerte de péremption ;
- Le transfert vers un autre point de vente du groupe, si la demande y existe ;
- La substitution assumée : ne garder qu’une présentation là où l’officine en stockait trois.
Le surstock naît à la commande, pas au rayon
Aucun produit ne devient dormant en rayon : il l’était déjà au moment où il a été commandé en trop grande quantité. Trois causes reviennent. Une quantité gonflée pour atteindre un palier de remise, sans vérifier si la rotation absorbera le volume. Une offre acceptée parce qu’elle était intéressante, sans se demander en combien de mois elle se vendra. Une commande préparée de mémoire, sur l’idée qu’on se fait de la demande plutôt que sur les sorties réelles. Le surstock ne se corrige pas en rayon, il se prévient au moment de commander.
Le surstock et la rupture sont le même problème
On les traite comme deux sujets opposés, alors qu’ils sont les deux faces d’un même défaut de calibrage. Une officine peut très bien avoir les deux en même temps : trop de ce qui ne se vend pas, pas assez de ce qui se vend. Un stock élevé n’a jamais protégé personne d’une rupture sur les bonnes références, il a seulement immobilisé la trésorerie qui aurait permis de les acheter. C’est l’une des cinq fuites que nous détaillons dans les 5 signes que votre officine perd de l’argent sur son stock.
Trois chiffres à regarder chaque mois
- La valeur du stock et le nombre de mois de stock qu’elle représente ;
- La part des références sans aucune sortie depuis six mois, en nombre et en valeur ;
- La valeur des lots à moins de six mois de péremption.
Ces trois lignes tiennent sur un quart de page et suffisent à orienter les décisions du mois. Encore faut-il que la valeur du stock soit juste, ce qui renvoie à la discipline de comptage décrite dans notre article sur l’inventaire.
Un stock bien tenu n’est pas un stock plein, c’est un stock qui tourne. Le module Reporting de Phénix donne la valeur du stock, la rotation par référence et les dormants sans avoir à ressortir un tableur. Réservez une démonstration de 30 minutes pour voir combien votre officine immobilise aujourd’hui.
Pour aller plus loin : les références dormantes finissent en périmés. Voyez comment anticiper, retirer et tracer vos péremptions.