Réception de commande : le seul moment où l’erreur est gratuite

Illustration : un carton de livraison qui passe par trois contrôles, dont une ligne manquante, avant que la marchandise ne rejoigne le rayon

La livraison arrive presque toujours au pire moment, en pleine affluence. Quelqu’un signe le bordereau pour libérer le livreur, les cartons partent en réserve, et le contrôle se fera « tout à l’heure ». Tout à l’heure, c’est parfois le lendemain, parfois jamais. Or la réception est le seul moment de la vie d’un produit où une erreur ne coûte encore rien. Une fois les boîtes en rayon, la même erreur se paie en écarts d’inventaire, en commandes fausses et en discussions impossibles avec le fournisseur.

Signer le bon de livraison n’est pas contrôler la livraison

La signature engage l’officine sur ce qu’elle a reçu, pas sur ce que le bordereau annonce. C’est une nuance qui paraît théorique jusqu’au jour où il faut réclamer une ligne manquante sur une livraison signée trois semaines plus tôt. La conversation est alors perdue d’avance, non pas parce que le fournisseur est de mauvaise foi, mais parce que plus personne ne peut établir ce qui est réellement arrivé ce jour-là. Signer pour accuser la réception des colis et contrôler leur contenu sont deux gestes distincts, et le second ne doit pas attendre.

Trois contrôles, qui ne se valent pas

Tout contrôler intégralement à chaque livraison n’est pas réaliste dans une officine qui tourne. Il faut donc hiérarchiser, et savoir ce qui ne se rattrape jamais après coup.

  • Les quantités reçues, ligne par ligne, contre le bordereau : c’est le seul contrôle qui doit être systématique, parce qu’une ligne manquante non signalée le jour même devient irrécupérable ;
  • L’identité du produit, dosage et présentation compris : c’est là que se glissent les confusions entre deux dosages d’une même molécule, et elles ne se voient plus une fois la boîte en rayon ;
  • Le lot et la date de péremption : indispensables sur les produits sensibles et les grosses quantités, et c’est le moment où l’on refuse une date trop courte, pas trois mois plus tard.

Refuser une péremption courte à la réception est possible et normal. La refuser après avoir rangé la marchandise ne l’est plus.

Le carton qui attend en réserve est un écart en préparation

Un produit livré, posé en réserve mais pas encore entré en stock existe physiquement et n’existe pas informatiquement. Pendant tout ce temps, le logiciel sous-estime le stock, le seuil d’alerte peut se déclencher sur un produit qui vient d’arriver, et la commande suivante risque de le recommander. Si un comptage tombe pendant cette fenêtre, il produira un écart parfaitement fictif, comme nous l’expliquons dans notre article sur l’inventaire d’officine. La règle est simple : la marchandise entre en stock avant de rejoindre le rayon, jamais l’inverse.

Ce qui manque se note au moment où on le constate

Une ligne commandée et non livrée doit être enregistrée comme telle immédiatement, avec sa quantité. Sans cette trace, elle se dissout dans deux zones grises : le fournisseur ne sait pas qu’on l’attend, et l’officine ne la recommande pas puisqu’elle croit qu’elle arrive. Ces lignes non servies sont aussi la matière première du seul indicateur objectif sur un fournisseur, que nous détaillons dans notre article sur le taux de service des grossistes. Sans réception rigoureuse, cet indicateur ne peut pas exister.

La facture se contrôle contre le reçu, jamais contre le commandé

C’est l’erreur la plus fréquente du rapprochement : comparer la facture au bon de commande, alors qu’elle doit être comparée à ce qui est physiquement entré. Quantité facturée supérieure à la quantité reçue, prix différent de celui annoncé, remise convenue absente : ces écarts se règlent en quelques minutes tant que la livraison est fraîche, et deviennent des pertes définitives une fois le mois clôturé. Chaque écart accepté doit laisser une trace écrite avec son motif, dans la logique décrite dans notre article sur les régularisations de stock.

Qui réceptionne n’est pas un détail

Dans beaucoup d’officines, la réception échoit à celui qui est disponible, ce qui revient souvent à celui qui est le moins occupé au comptoir, donc parfois le moins expérimenté. C’est pourtant le poste où une erreur se propage le plus loin. Sans nommer une personne unique, ce qui rendrait l’officine dépendante d’elle, il vaut mieux nommer une règle : qui contrôle quoi, dans quel ordre, et qui prévient le fournisseur quand une ligne manque. La trace de qui a réceptionné a la même valeur que la trace de qui a compté lors d’un inventaire.

Réceptionner, c’est aussi étiqueter

La réception est le seul instant où le lot et la date de péremption sont sous les yeux de quelqu’un. C’est donc le seul instant où ils peuvent être capturés sans effort supplémentaire. Générer et coller son propre code-barres à ce moment précis transforme chaque boîte en unité identifiée pour toute sa durée de vie dans l’officine : nous détaillons cette pratique dans notre article sur les codes-barres à la réception. Repoussé à plus tard, ce geste ne se fait jamais.

Une bonne réception ne demande pas plus de personnel, elle demande un ordre de gestes tenu à chaque livraison. Le module Stock et approvisionnement de Phénix guide la réception ligne à ligne, enregistre les manquants, garde la trace de qui a réceptionné et prépare l’étiquetage dans la foulée. Réservez une démonstration de 30 minutes pour dérouler une réception réelle avec nous.

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