Marge et coefficient en officine : où se perd vraiment votre rentabilité

Illustration : la marge d'une officine, représentée par une barre, est réduite par les remises non obtenues, la casse et le mix produits

« Je fais du chiffre mais je ne gagne pas d’argent. » C’est probablement la phrase la plus répandue chez les titulaires, et elle est presque toujours exacte. Le chiffre d’affaires mesure ce qui passe par la caisse. La rentabilité mesure ce qui reste après que le produit a été acheté, stocké, parfois périmé, parfois vendu à crédit et jamais encaissé. Entre les deux, il y a une série de fuites que la plupart des officines ne mesurent jamais.

Marge et coefficient ne veulent pas dire la même chose

Commençons par lever une confusion qui fausse toutes les discussions. Prenons un exemple volontairement rond : un produit acheté 1 000 et revendu 1 300.

  • La marge brute est de 300, soit ce qui reste pour payer le loyer, les salaires et vous-même.
  • Le taux de marge rapporte cette marge au prix de vente : 300 sur 1 300, soit environ 23 %.
  • Le coefficient multiplicateur rapporte le prix de vente au prix d’achat : 1 300 divisé par 1 000, soit 1,3.

Deux confrères qui comparent leurs « 30 % » ne parlent pas forcément de la même chose, et un logiciel qui affiche un pourcentage sans dire lequel ne sert à rien. Fixez la définition une fois, et tenez-la.

Sur le médicament, la marge n’est pas votre décision

Voilà le point que beaucoup de conseils importés d’ailleurs ratent complètement. Dans les pays où Phénix est disponible, le prix public des médicaments et les marges de distribution relèvent le plus souvent d’un texte national, pas de votre appréciation commerciale. Les taux, les assiettes, les catégories concernées et les modalités de calcul ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre, et ils évoluent : vérifiez le texte applicable chez vous auprès de votre autorité de régulation ou de votre Ordre, et ne transposez jamais le chiffre d’un pays voisin.

La conséquence est décisive : sur votre activité principale, vous ne pouvez pas augmenter votre marge en montant vos prix. Votre rentabilité se joue donc entièrement ailleurs, sur des leviers que vous contrôlez réellement.

Les cinq fuites qui mangent la marge que vous avez

Ce sont toujours les mêmes, et elles se cumulent silencieusement.

  • Les remises que vous n’obtenez pas, ou que vous ne vérifiez pas. Conditions négociées avec un grossiste mais jamais appliquées sur la facture, remises de fin d’année jamais réclamées, écarts entre le tarif annoncé et le tarif facturé. Personne ne vous préviendra. Cela se contrôle à la réception, en même temps que le reste, comme le décrit notre article sur le taux de service de vos grossistes.
  • La casse et les périmés. Un produit périmé n’a pas une marge nulle, il a une marge négative : vous avez payé la marchandise, immobilisé la trésorerie et vous détruisez le tout. Le sujet est traité en détail dans anticiper, retirer, tracer les périmés.
  • La démarque et les erreurs de prix. Produits sortis sans être facturés, remises accordées au comptoir sans trace, erreurs de saisie, vols. Chaque unité concernée consomme la marge de plusieurs ventes correctes.
  • Le mix produits. Toutes vos familles ne rapportent pas la même chose. Une officine peut voir son chiffre d’affaires progresser et sa marge reculer simplement parce que la part des produits les moins rémunérateurs a augmenté.
  • Les créances jamais recouvrées. Une vente en tiers payant ou à crédit qui n’est jamais encaissée ne réduit pas votre marge : elle l’annule et emporte le prix d’achat avec elle. C’est le sujet de notre article sur le recouvrement des créances d’officine.

Marge théorique et marge réelle

La marge théorique est celle que donnent vos prix : elle se calcule sur un tableur et elle est toujours flatteuse. La marge réelle est celle qui reste une fois retirées la casse, la démarque, les remises non obtenues et les créances perdues. L’écart entre les deux est exactement la mesure de ce qui vous échappe.

Peu d’officines connaissent cet écart, parce qu’il exige de rapprocher des informations qui vivent dans des endroits différents : les achats, le stock, les ventes et les encaissements. C’est la raison pour laquelle un logiciel de gestion d’officine unique, où tout passe au même endroit, ne relève pas du confort mais de la mesure.

Mesurez par famille, jamais globalement

Une marge globale ne vous dit rien d’actionnable : elle mélange des dizaines de comportements différents et masque les compensations. Ce qu’il faut regarder, c’est la marge par famille de produits, comparée d’un mois sur l’autre, avec la part de chaque famille dans le chiffre d’affaires.

C’est ce croisement qui rend les décisions évidentes : quelle famille développer, laquelle est en train de grossir sans rien rapporter, où votre stock dort sans produire de marge, question traitée dans combien de FCFA dorment dans votre stock.

Ce que votre logiciel doit vous dire chaque mois

  • La marge réalisée par famille de produits, et son évolution.
  • L’écart entre marge théorique et marge réelle, avec ce qui l’explique.
  • Le montant de la casse et des périmés sur la période, à son coût d’achat.
  • Les écarts d’inventaire et leur motif.
  • L’encours de créances non recouvrées, qui vient en déduction de la marge acquise.

Si ces cinq informations ne sortent pas de votre système en quelques minutes, vous ne pilotez pas votre rentabilité, vous la constatez une fois par an. Demandez une démonstration de Phénix et nous regarderons ensemble, sur vos familles de produits, où votre marge part réellement.

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